octobre 2017
Archive mensuelle
Archive mensuelle
Créé par jardindeluchane le 27 oct 2017 | Dans : Des Jardins...
Dans l’Yonne (89), caché dans le village de Cézy, un jardinier passionné doublé d’un artiste a fait naître un jardin incroyable. Qui s’attendrait en effet à voir pousser sous le climat de cette région des plantes aussi exotiques ?
C’est une véritable oasis de 1400 m² que le visiteur découvre, et ce dès son arrivée. Il faut dire que Thierry est de la partie et travaille dans le domaine horticole. Au-delà du passionné se cache donc un expert qui connaît chaque plante et chaque espèce de son jardin sur le bout des doigts.
L’avant de la maison donne déjà un aperçu de la richesse végétale à découvrir. Une pied majestueux de canne à sucre pourpre (Saccharum officinarium ‘violaceum’) accueille le visiteur et donne le ton.
Difficile de détailler les plantes présentes tant elles sont nombreuses et variées. Colocasia, pennisetum, mina lobata, hedera, hosta, hakonechloa…. Partout où le regard se porte il se doit de se poser pour observer toutes les merveilles que Thierry fait cohabiter sans fausse note.
La façade même de la maison croule sous les potées colorées, tant et si bien que l’on a le sentiment de rentrer dans une jungle et que l’on oublie que l’on est dans cette partie de la France.
Quelques pas nous font contourner la maison et le jardin à l’arrière se dévoile. Tout en longueur il est aménagé en plusieurs parties, elles-mêmes agrémentées de nombreux massifs.
La première partie est dédiée à l’une des passions du jardinier, les succulentes et les plantes grasses. Aeonium, agave, aloe, crassula, echeveria, opuntia, yucca…la liste semble sans fin et compose une rocaille basse où les végétaux sont présentés dans une mise en scène colorée et extrêmement soignée.
Thierry attire alors l’œil du visiteur sur tel ou tel détail qui fait la beauté d’une variété particulière, et l’on sent alors le lien unique qu’il a tissé avec chacune de ses protégées.
Les formes organiques des massifs obligent à les contourner pour découvrir la suite du jardin, et c’est alors une leçon sur l’utilisation des feuillages que l’on prend. Des corolles sont bien sûr présentes mais Thierry a en effet privilégié la présence et l’utilisation des feuillages.
Formes, couleurs, textures, port… De quoi largement rivaliser avec n’importe quel jardin à fleurs. Les teintes sont lumineuses, incroyables, envoûtantes et il se dégage des lieux un sentiment de luxuriance rafraîchissant. Le tout est mis en valeur par une pelouse au vert insolent, digne d’un green anglais !
A peine remis de cette orgie végétale on découvre alors les jardins aquatiques. Le bruit de l’eau accompagne le visiteur qui peut à nouveau se régaler des merveilles offertes à ses sens.
Des arbustes taillés en nuages côtoient des graminées légères, d’autres plantes à feuillage intéressant , le tout ponctués de corolles pimpantes.
Le cheminement guide les pas vers la suite du jardin, où opulence et couleur restent les maîtres-mots.
Au bout du jardin, les graminées (dont de superbes pieds de Miscanthus) captent les rayons du soleil couchant qui nimbent les lieux d’une teinte mordorée magique.
La visite d’un tel lieu fait automatiquement surgir une question. Comment Thierry parvient-il à conserver de tels trésors, dont certains très peu rustiques, sous une telle latitude ?
Tous les ans, à l’automne, des centaines de plantes sont déterrées et mises en hivernage sous serre. Au printemps, le ballet se poursuit en sens inverse pour réintroduire les plantes au jardin, souvent en les associant différemment. Un travail titanesque qui prouve si besoin était la passion qui anime les lieux. Mais le résultat est réellement à la hauteur, et le jardin s’est d’ailleurs vu décerner le 3e Prix Bonpland en 2014.
Le jardin des Petits Près est ouvert à la visite sur rendez-vous. Des concerts y sont régulièrement organisés. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter la page Facebook dédiée.
Une balade très agréable et un accueil particulièrement chaleureux de Thierry que je remercie pour sa gentillesse et ses commentaires avisés.
Créé par jardindeluchane le 26 oct 2017 | Dans : Mes réalisations
Liz et Bernard avaient dans leur jardin un Juniperus (genévrier) rampant qui avait fini par prendre ses aises avec une envergure d’environ 4 mètres pour une hauteur d’1m70. Autant dire que le monstre commençait à devenir encombrant. Il empiétait même un peu sur le passage le long de la véranda.
Les propriétaires m’ont demandé de le tailler en nuages afin de pouvoir le conserver et lui donner à nouveau un rôle agréable et décoratif au jardin.
Tailler en soi n’est pas très compliqué. Il suffit d’un bon sécateur, d’une scie égoïne, d’un ébrancheur et d’une cisaille à mains. Ce qui l’est davantage est de sélectionner les branches à conserver et celles à couper afin d’obtenir une silhouette moins imposante, plus équilibrée et dans l’esprit ‘niwaki‘.
Tout d’abord, à quatre pattes ou le plus souvent couché sous l’arbuste, repérer et couper brindilles et bois morts. Observer la charpente de l’arbuste, essayer de deviner quelles branches seront conservées pour leur forme et leur direction.
Petit à petit, le dessous et l’intérieur sont dégagés; la silhouette générale commence à apparaître.
Il faut ensuite enlever toutes les branches secondaires depuis le centre et sur une large partie de chacune d’elles pour ne conserver que ce qui servira à former les ‘nuages’.
Au final une grande partie de la verdure est ôtée. La silhouette tentaculaire apparaît !
Certaines branches sont finalement haubanées (sans les blesser) afin d’imprimer à ces dernières une direction plus harmonieuse.
Les ‘têtes’ sont grossièrement taillées. Elles seront réellement formées grâce aux repousses et tailles qui se produiront par la suite.
Après 11 heures de travail, les bras sont comme piqués par des centaines de petits insectes (merci les aiguilles du genévrier !) mais l’arbuste est métamorphosé ! Et les propriétaires apparemment satisfaits, ce qui est primordial.